Nous souffrons de la démesure avait dit Léopold Kohr

         La crise actuelle est une crise du gigantisme, «si quelque chose ne fonctionne pas, c’est parce c’est trop grand» disait Léopold Kohr Prix Nobel alternatif 1983. La source des problèmes actuels serait la démesure. Dans son livre « The Breakdown of nations » publié en 1957, à une époque où les politologues renommés souhaitaient (souhaitent encore) un gouvernement mondial, il préconisait, à contrecourant, les petits Etats, les petites Nations, les petites Economies, plus souples et capables de traverser les crises parce que plus paisibles, plus prospères et plus créatives. Il  conseillait des gouvernances à une échelle où le citoyen peut encore avoir une influence sur les systèmes qui gouvernent sa vie.

Aujourd’hui, nos Politiques qui assistent pourtant au naufrage de notre Société, ne jurent que par une augmentation de la croissance, par des économies d’échelle, des grandes Régions, des grandes exploitations agricoles, le regroupement des services de l’Etat ……  Les multinationales forment une ploutocratie mondiale qui efface toute démocratie et les établissements bancaires  sont maintenant si importants que leur effondrement entraine celui de l’économie mondiale.  Dans un contexte de mondialisation, les métropoles, les mégapoles, les nouvelles Régions … l’Europe, sont des gouvernances territoriales qui nous éloignent de plus en plus des lieux de décisions, des responsables de la décision ; dans cette fuite en avant le Citoyen se sent isolé, impuissant, à la merci des idéologies, du lobbying.

            Le maintien à une échelle locale, humaine, d’une politique lisible par une population vivant dans un espace-temps ressenti permettrait au Citoyen de se rassurer, de vivre et faire vivre la Démocratie plutôt que de se laisser entrainer dans un fatalisme le livrant au jeu des seuls intérêts privés. Le désintéressement politique que l’on déplore actuellement chez nombre de nos concitoyens est compréhensible dès lors où  les sensations d’impuissance et d’inutilité politiques s’affirment dans l’ambiance des gouvernances imposées.                                               décembre 2015.